Depuis 1986, la présence du certificat d’assurance sur le pare-brise reste obligatoire, sous peine d’amende. Pourtant, dès avril 2024, cette exigence disparaît, remplaçant un contrôle visuel par une vérification automatisée.La disparition de la vignette verte s’inscrit dans une démarche de simplification, alors que les autorités affirment que le fichier des véhicules assurés garantit déjà la fiabilité des contrôles. Les conducteurs devront cependant s’adapter à de nouvelles modalités, sous l’œil attentif des forces de l’ordre et des assureurs.
La vignette verte, un symbole bientôt dépassé ?
Invisible pour certains, presque rituelle pour d’autres, la vignette d’assurance a longtemps fait partie du quotidien des automobilistes français. Mais à compter du 1er avril 2024, cette habitude s’efface : plus besoin de découper, coller, ni de vérifier la présence de ce petit carré vert derrière le pare-brise. Les voitures immatriculées en France circuleront sans carte verte ni vignette assurance à afficher.
Ce changement ne signifie pas que l’obligation d’assurer son véhicule disparaît, loin de là. Ce qui bascule, c’est la façon de le prouver. Après la signature du contrat, l’assureur remet désormais un Mémo Véhicule Assuré : un récapitulatif à conserver pour ses démarches, mais plus destiné à orner l’habitacle.
Pour clarifier les points clés de cette réforme, voici les changements à retenir :
- Depuis le 1er avril 2024, la carte verte et la vignette sont supprimées pour tous les véhicules immatriculés en France.
- Le nouveau Mémo Véhicule Assuré, délivré par l’assureur, devient le justificatif officiel d’assurance.
- Il n’est plus nécessaire d’apposer un document sur le pare-brise : il suffit de conserver ce mémo, que ce soit à domicile ou dans la voiture pour d’éventuelles démarches.
Des exceptions demeurent : pour un véhicule non immatriculé ou lors d’un voyage hors Union européenne, la carte verte papier reste de mise. Néanmoins, cette évolution marque l’accélération de la dématérialisation : l’assurance auto quitte peu à peu le papier pour s’ancrer dans la gestion numérique au quotidien. Fini les recherches de papiers disparus, tout repose désormais sur une base de données consultable par les autorités. Une transition qui n’a rien de symbolique : elle redéfinit le rapport à la preuve d’assurance.
Pourquoi la suppression de la vignette d’assurance change la donne pour les automobilistes
Dire adieu à la vignette d’assurance, c’est passer d’un réflexe bien ancré à une nouvelle logique. Le contrôle visuel sur le pare-brise cède la place à une vérification numérique via le Fichier des Véhicules Assurés (FVA). Désormais, les compagnies d’assurance inscrivent chaque véhicule dans ce fichier dans les 72 heures suivant la souscription. Le contrat s’associe à la plaque, et non plus à un rectangle de papier.
La méthode de contrôle évolue en profondeur. Les forces de l’ordre n’ont plus à vérifier le moindre autocollant. En quelques secondes, elles accèdent au FVA et savent si le véhicule est bien assuré. Finies les situations absurdes où une vignette mal fixée ou oubliée pouvait entraîner une sanction injustifiée.
Ce système ouvre aussi la voie à des contrôles plus efficaces. Certains radars, à terme, pourront consulter automatiquement la base de données lors du passage d’un véhicule. Laisser son assurance expirer, ou rouler sans contrat, expose à une sanction sans appel : 750 euros d’amende minimum, souvent majorée en cas de retard. En cas d’accident, le fonds de garantie indemnise les victimes, mais réclame ensuite le remboursement au conducteur fautif. La règle est claire : rouler sans assurance relève désormais moins de l’oubli que de la transgression assumée, avec des conséquences lourdes.
La responsabilité civile prend alors tout son sens. À chaque conducteur de vérifier que son assurance est bien enregistrée dans le FVA. Une simple négligence peut coûter cher. Cette évolution, portée par France Assureurs, vise à renforcer la sécurité du système tout en réduisant les démarches pour les assurés comme pour les compagnies.
Ce qui va concrètement changer pour vous à partir d’avril 2024 (et ce que ça implique pour l’environnement)
Sur le terrain, la fin de la carte verte et de la vignette d’assurance concerne tous les véhicules immatriculés en France dès le 1er avril 2024. À la place du carré vert, les conducteurs reçoivent un Mémo Véhicule Assuré : une attestation à conserver, mais plus à présenter lors d’un contrôle. Désormais, le numéro de plaque suffit : il permet l’accès direct au FVA, preuve numérique d’assurance.
Pour les déplacements à l’étranger, les conséquences sont immédiates. Voyager dans l’Union européenne avec une plaque française, c’est suffisant pour justifier de son assurance auto. La carte internationale, auparavant exigée, n’a plus sa place dans l’espace communautaire. En revanche, hors de l’UE, il faut prévoir une attestation papier. Certains pays restent attachés à la présentation d’un document physique : mieux vaut anticiper avant de traverser une frontière.
L’impact environnemental s’annonce palpable. Plusieurs millions de cartes vertes ne seront plus imprimées chaque année. Moins de papier, de transport postal, d’encre et de gestion administrative, le secteur automobile réduit son empreinte. Cette dématérialisation ne facilite pas la fraude : les faux documents n’ont plus de raison d’être, chaque contrôle s’effectue en temps réel à partir d’une base de données à jour.
Deux situations particulières exigent encore de l’attention :
- Pour les véhicules non immatriculés, l’attestation d’assurance papier et la vignette blanche restent obligatoires.
- En dehors de l’Union européenne, la carte verte (IMIC) demeure requise à certaines frontières.
Plus aucun document n’encombre maintenant le pare-brise. Les démarches se simplifient, le papier s’efface, mais la sécurité demeure la priorité. La preuve d’assurance quitte notre champ de vision sans jamais disparaître aux yeux des autorités. À chacun d’adopter ces nouveaux réflexes, alors que la route s’ouvre, plus connectée et surveillée que jamais.


